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Cinéma

À la découverte du film « SANKARA ET MOI »

Hilaire Thiombiano est l’un des réalisateurs du film « Sankara et moi ». Après la réalisation de « Un président au maquis  » qui a d’ailleurs eu beaucoup de succès, Hilaire Thiombiano et Laurent Goussou-Deboise nous proposent l’histoire d’un homme inoubliable. Sud-Sahel est allé à sa rencontre pour en savoir davantage sur ce film dont la sortie est prévue dans quelques mois.

Sud Sahel (SS): Parlez-nous de votre nouveau film SANKARA ET MOI

Hilaire Thiombiano (HT): Il faut dire que SANKARA ET MOI est parti d’une collaboration entre Laurent Goussou-Deboise et moi. Nous nous sommes rencontrés lorsque j’étais en master 2 à l’Institut Supérieur de l’image et du Son. Il était mon professeur de script.

C’est à l’issu de cela nous avons eu l’idée de réaliser de grands films. Nous avons donc créé Afrique Film. Plus tard nous avons réalisé un long métrage UN PRESIDENT AU MAQUIS. Ce film a eu beaucoup de succès.

L’idee de faire le film SANKARA ET MOI nous est venue lors du tournage de notre premier long métrage. Je précise que ce film ne fait pas une biographie de Sankara comme le titre laisse paraitre. Il se focalise plutôt sur l’idéologie de Sankara.

Plateau de tournage

SS: Pourquoi un film dans le même style que UN PRESIDENT AU MAQUIS que vous aviez déjà réalisé ?

HT: Nous avons constaté que les comédies sont très appréciées en Afrique de l’Ouest. Ici on adore rire. Si vous prenez par exemple Souké et Siriki, c’est une série très aimée au Burkina et dans la sous-région. Nous avons donc décidé de nous inscrire dans cette ligne.

C’est-à-dire produire des films comiques mais porteurs de sens.

SS: Pourquoi avoir choisi de traiter de ces thématiques dans vos films

HT: Mon partenaire, il faut dire, c’est un vrai sankariste. Il a des tonnes de documents sur Sankara et on s’est dit après un ¨Président au maquis¨ pourquoi ne pas traiter du sujet de Sankara.

Sujet qui est d’actualité depuis le départ de Blaise Compaoré. Aussi d’un autre coté nous nous sommes rendus compte qu’il y a de nombreux partis politiques, associations et autres qui usent de Thomas Sankara pour faire des profits.

Il y a beaucoup d’autorités, les pionniers qui prônaient les valeurs de Thomas Sankara sont aujourd’hui dans les entreprises ou dans des conditions financières qui ne reflètent pas leur combat passé. Certaines même créent des partis sous le nom de Sankara pour s’enrichir.

Voilà pourquoi nous avons décidé de faire ce film pour interpeller à travers une comédie. Il faut passer par une comédie pour mieux faire passer un message sans frustré. Et ça marche.

Plateau de tournage

SS: Comment s’est déroulé le casting quand on sait que c’est presque la même équipe qui revient ?

HT: C’est chose courante à Hollywood, donc on s’est dit ¨On ne change pas une équipe qui gagne¨. Changer les comédiens et les techniciens, nous ramène à recommencer un travail préalablement fait. On s’est dit pourquoi ne pas conduire la même équipe.

Etant donné que nous avons déjà travaillé sur plusieurs projets ensemble… C’est d’ailleurs avantageux parce que en travaillant avec des comédiens sur un projet et les reconduire sur un autre cela semble évident que ces derniers connaissent déjà les attentes des réalisateurs et les difficultés à relever.

Cela permet d’ailleurs de cultiver l’esprit de famille. C’est une économie de temps et d’argent et une meilleure qualité artistique et technique.

SS: Quels ont été les défis particuliers sur ce film ?

HT: Le 1er grand défi c’est le scénario. Arriver à traiter d’un sujet sankariste ce n’est pas facile. Créer déjà le scénario constitue un défi. On n’est pas tous d’accord sur la gouvernance de Sankara.

Certains disent oui et d’autres non. Faire ce scénario c’était arriver à trancher le juste milieu. L’acteur principal ne ressemble pas physiquement à Thomas Sankara mais il est lui-même dans sa peau avec ses idéologies et ses valeurs Thomas.

Le second défi était d’arriver à associer le visuel à la technique. Dans le film, il y a en effet beaucoup d’effets spéciaux. C’est déjà un défi en post production qu’il faut relever.

Il fallait comprendre comment nous allions tourner les effets spéciaux et ceux qui ne seront pas sur le tournage comment les rattraper en post-production.

L’autre défi aussi concernait les contraintes financières. Qui dit film dit argent. Pour un tel sujet qui se passe dans plusieurs décors avec des accessoires haut de gammes, nous avons dus les négocier à un prix moyen pour nous en sortir dans le budget.

La réalisation a duré plus que prévu à cause d’événements imprévus. L’une des actrices est tombé enceinte et j’ai aussi perdu mon père.

Plateau de tournage

SS: La sortie du film est attendue pour quand ?

HT: Nous nous sommes fixés un délai de 4 mois maximum pour la post-production. Donc d’ici début juillet mi-juillet le film sortira.

Propos recueillis et retranscrits par Adjiratou Tall

Journaliste Blogueuse Burkinabè passionnée de l'Art

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