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Artisanat

« Les Burkinabè s’intéressent de mieux en mieux à l’artisanat »

Amoureux de l’artisanat, Salfo BONKOUNGOU en a fait son métier depuis le bas âge. Présentement artiste modeleur fondeur au Village Artisanal de Ouagadougou depuis bientôt huit ans, sa mission est de faire passer des messages avec ses dix doigts tout en ayant un revenu. Sud Sahel dans les prochaines lignes vous amènera à la découverte de ce talentueux artisan.

Sud-Sahel : comment vous êtes-vous lancé dans l’artisanat ?

BS : Je n’ai pas vraiment eu de parcours scolaire,à partir du Cours Moyen, j’ai abandonné l’école pour mieux me consacrer à l’artisanat. J’ai appris le métier dès le bas-âge avec mon père qui lui aussi était bronzier.

Sud-Sahel: Comment avez-vous obtenu un atelier au village artisanal vu que vous avez commencé avec votre père ?

BS : Après l’atelier familial, j’ai intégré le Centre National d’Artisanat d’art où j’ai fait un stage de perfectionnement. Grâce à des grands frères après ma formation que j’ai eu un atelier au Village Artisanal le 12 Février 2012.

Sud-Sahel  : Comment organisez-vous le travail au sein de votre atelier ?

BS : Je suis chef d’atelier. Je me fais aider par des personnes qui ont l’amour du travail et qui veulent apprendre à mes cotés. J’ai environ une dizaine d’apprentis avec moi.

Sud-Sahel : Quels types d’œuvres vous produisez précisément dans votre domaine ?

BS : Je m’inspire de la tradition et de la modernité. La tradition c’est la scène quotidienne et la modernité c’est de l’art abstrait. Aussi, je fais un peu de création pour produire des sculptures en bronze.

Sud-Sahel : Combien de temps mettez-vous pour produire un article ?

BS : Cela dépend de la période. Pour les petites sculptures cela peut prendre une à deux semaines; pour des gros modèles, cela peut prendre six mois.

Tout cela dépend de la disponibilité du bronze. Nous, ce que l’on utilise c’est plus du letton. Le bronze c’est du cuivre plus de l’étain. Mais l’étain coûte très cher pour l’artisan burkinabè donc nous utilisons du cuivre plus du zinc ce qui donne le letton avec une couleur jaunâtre ; donc ça donne du bronze.

Sud-Sahel  : Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans le domaine de l’artisanat ?

BS : Les difficultés ne manquent pas; il y a des périodes mortes et présentement nous subissons la situation de l’insécurité de notre pays parce que l’artisanat vit du tourisme aussi. Quand le pays est en paix cela favorise la venue des touristes qui s’intéressent à notre art.

Sud-Sahel  : Et qui sont vos clients aujourd’hui ?

BS : Nos avons des acheteurs qui viennent de l’extérieur et souvent nous recevons des commandes qui passent par l’administration ou même ici au Village Artisanal nous arrivons à faire de petites ventes.

Aussi, les Burkinabè s’intéressent de mieux en mieux à l’artisanat. Ce n’était pas le cas. Pour de nombreux Burkinabè, l’artisanat était vu comme un produit de luxe qui n’intéressait que les personnes aisées. Pourtant, nous faisons de l’art déco ce qui devait intéresser tout le monde. Présentement la tendance a changé et les mentalités ont beaucoup évolué.

Sud-Sahel  : Beaucoup pensent que l’artisanat ne nourrit pas son homme…

BS : Je pense que l’artisanat nourrit son homme parce que je suis né d’un père bronzier; j’ai grandi dans le métier et présentement je suis marié, j’ai une famille et j’arrive à subvenir aux besoins de ma famille donc je peux dire que je vis bien grâce à mon travail.

Sud-Sahel : Quels conseils pouvez-vous donner aux jeunes qui hésitent encore à se lancer dans l’artisanat ?

BS : Il n’y a pas de sous métier. C’est le sérieux qui paye toujours. Il ne faut pas le faire pour l’argent seulement mais pour l’amour de l’artisanat.

 Adjiratou TALL

Contributrice

Journaliste Blogueuse Burkinabè passionnée de l'Art

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